Gabrielle Ambrym

 

  "Gabrielle crée des vêtements uniques, ouvrant vers la rêverie, l'imaginaire et une esthétique singulière, pièces montées dans un petit atelier parisien de la rue du faubourg poissonnière, à un jet de sa boutique et du canal Saint-Martin.

 

   Un départ pour le Vanuatu à cinq ans, pérégrinations au gré des expatriations parentales.Pour l'enfance, la possibilité d'une île mélanésienne, et le bleu du lagon qui n'a jamais manqué à son décor, taches de rousseur et cheveux d'ange pour finir le portrait.De l'Océanie, Gabrielle se rappelle sa nounou Ni-Vanuatu, le ronronnement d'un bateau à moteur, la vie au grand air.

 

    De retour à Paris, elle entre à l'école de mode ESMOD, choisit pour lieu de stage le centre d'artisanat de Wallis et Futuna, où elle apprend à maîtriser la technique ancestrale du tapa, ce tissu conçu à partir de l'aubier du mûrier à papier, trempé dans l'eau de mer et battu: est-ce de là, ou bien d'avant, que vient son souci de l'authenticité, des matières biologiques et naturelles?Un autre détour transatlantique pour travailler avec des couturières des quartiers défavorisés au nord de Rio de Janeiro, et l'apprentissage est terminé.

 

  Gabrielle se jette à l'eau, sans filet.Dessine sa première collection capsule inspirée de ce séjour brésilien: "Praça XV" recevra le prix spécial du jury au festival des jeunes créateurs de Dinard.Et continue de tisser sa drôle de toile.Elle expose ses oeuvres de plasticienne au musée du quai branly, intègre en résidence les Ateliers de Paris pendant deux ans, présente en parallèle ses collections dans les salons professionnels entre Paris, New-York et Tokyo.

 

  Terminaison naturelle de ce processus incubant l'inspiration, la création de sa marque: elle l'appellera "Ambrym", nom d'une petite île septentrionale du Vanuatu, où il n'y a ni eau courante, ni électricité.Les pièces Ambrym, souples, ondulantes, colorées, sont dans leur majorité en lin.Des fleurs tropicales, des légumes du potager ou des oiseaux du paradis y sont sérigraphiés."Vestiaire idéal d'une tribu urbaine, humaniste et poète", dit la légende.On aurait presque pu dire bestiaire, tant les animaux ont toujours pris une part importante dans les motifs travaillés par Gabrielle, qui petite rêvait d'être vétérinaire pour animaux sauvages.

 

    Ses collections portent le nom de nos rêves et de ses voyages, elles ont la couleur des jours heureux et la mélancolie des îles éloignées: de la première, "Figures de bois" (hiver 2009), à la plus récente, "Fragments d'un jardin suspendu" (été 2016).

 

    Gabrielle aime les mammifères, le vert céladon, le rouge sanguin, le poulet au citron, les grandes métropoles et les beaux vieux quand ils transcendent l'instant -Varda, Rochefort.Mettez ça dans le mixer qui battait les milk-shakes à la coco de son enfance: voilà Ambrym.Existe aussi en aquarelles, teints pastels bordés de bois clair.

 

    Gaby, comme l'appellent dans l'intimité les gens qui l'aiment et comme elle, aiment Bashung, n'est jamais allée à Ambrym.La fois où cela devait se faire, le capitaine de l'embarcation sur laquelle elle était montée s'est assoupi, et le bateau a fait naufrage.Il a fallu regagner une terre à la nage.La possibilité du pèlerinage est donc toujours offerte.Gagner sa boutique de la rue des Vinaigriers, en plein Paris, c'est en faire un, assurément."

                

Adrien Absolu, auteur ("les Forêts profondes", JC Lattès, 2016)

  

   

Gabrielle Ambrym

 

      Gabrielle grew up between the lagoon, the bush and banyan trees, in the Southern Pacific. These first years in the heart of nature and a strong tribal culture deeply attached her to the essential values that bind man with his natural environment.

After studying at Esmod Paris, then at the National Conservatory of Art and Crafts, she
developed the desire both to create sense-carrying pieces with strong identity, and to link her textile creation with a contemporary artistic approach.
Nostalgic of distant cultures, she decided to go working as a designer in Rio de Janeiro for a fair trade brand, and took the decision to commit herself to a socially and environmentally friendly fashion.

Back in France, she designed a capsule collection, presented at the « International young designers festival in Dinard », where she was awarded the special distinction by the jury.Her collection will be then exposed at the famous Musée du Quai Branly in Paris.
This recognition persuaded her to launch the brand Ambrym, named for an isolated island in the South Pacific, where she grew up.

    Since spring 2010, and during 2 years Ambrym will be housed at "Les Ateliers de Paris".

Today the brand has her own shop/atelier in the Canal Saint-Martin area, in Paris.

You can find it as well in a selection of international concept stores.